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Un Québécois à Paris et ailleurs

vendredi 8 octobre 2010

Retour au Tour de France

Cette année, lors de la dernière étape du Tour de France, j'ai refait la poursuite du peloton comme en 2008. Mais, cette fois, j'ai ajouté un appareil photo sur mon vélo. Un ami qui m'accompagnait a aussi pris quelques vidéos. À voir ici et ici.

Voici des photos de nous deux qui ont été prises par des amis lors de notre passage près d'Orsay. Notez la réaction des gens.





mardi 28 septembre 2010

Arigato Japon




Puisque j'ai sélectionné 240 photos et 10 vidéos, je ne peux pas tout mettre avec le texte.

Voici le lien pour les photos: PHOTOS-JAPON

Et les vidéos suivent:

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Le spectacle "folk-japonais" très bruyant de la conférence.



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Pour la journée du sport, il y un concours de danse. Un petit entraînement avant le grand jour.



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Une source près du volcan Aso. L'eau sort du sable.



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Les grillades avec une truite bien vivante.



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Les chants bouddhistes pour une cérémonie privée pour un parent décédé.



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Le fameux Moro Sphinx en vol. C'est fou comment ça ressemble à un colibri.



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La danse des personnes âgées à la fête du même nom.



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Le spectacle des écoliers pour les personnes âgées. Je ne devais pas entrer, pour éviter que je ne devienne le spectacle. Victoria est la seule occidentale vivant dans la région on dirait.



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Kendo ou "frapper le plus fort possible sur le front d'un opposant en criant à poumons perdus"


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La salutation des employés dans un temple du sushi. C'est toujours comme ça, même à l'épicerie.


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Les sumotoris présentent leurs couleurs



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Mon rêve: le convoyeur à sushi.

lundi 2 août 2010

LuxembourgStrasbourg



Juste un petit tour de vélo entre le Luxembourg et Strasbourg. Voir photos.

dimanche 7 février 2010

Une photo isolée

Au mur des Lamentations

samedi 6 février 2010

"Allons tous à Jérusalem car… "

Avertissement: Avant de parler de mon voyage en Israël, je dois d'abord mentionner que je souffre d'une maladie mentale un peu particulière. En effet, comme toute personne saine d'esprit, des chansons m'occupent souvent la conscience. Mon problème c'est que je garde en tête spécifiquement des chansons polémiques, blasphématoires et carrément indignes. Bref, je souffre d'un Tourette Intérieur Musical (TIM). Des chansons tels que "Mélanie" de Brassens, "les Sucettes" de Gainsbourg et, plus récemment, "Allons tous à Jérusalem" de Marc Labrèche. Âmes sensibles s'abstenir.

Encore une fois, j'ai eu la chance de voyager grâce à mon boulot. Au programme, un symposium sur la mécanique des cellules à cheval entre Tel Aviv et la Mer Morte (ce ne sont pas les cellules qui sont à cheval, mais bien le symposium). Entre les sessions et les aéroports bien gardés, j'ai pu entrevoir Tel Aviv, apprécier la flottaison de la mer Morte, voir la forteresse de Masada et visiter Jérusalem.









La Mer Morte est un endroit très particulier. Enchâssée dans une branche du Grand Rift Africain, en plein désert, elle a plusieurs affluents, mais son eau ne se jette que vers le ciel. Elle accumule donc du sel, 10 fois la concentration de l'océan. Du coup on y flotte très bien. L'effet est vraiment bizarre et le goût absolument affreux. Cela faisait longtemps que je n'avais pas eu la puissance pour faire un saut "waterpolo" jusqu'à la taille.









Je ne mentionnerai pas les conférences, encore moins les buffets gigantesques de l'hôtel. Par contre, nous avons eu la chance de visiter l'un des épicentres de la fondation de l'idée d'Israël: Massada. Massada est une forteresse bâtie par Hérode, le même qui a terminé le second temple de Jérusalem. Elle se trouve sur un monticule gigantesque, coupé du plateau qui longe le Rift et entouré de falaises verticales. Bref, un bon endroit pour se cacher… à part le problème d'eau habilement solutionné grâce à un système de rigoles et de citernes. Lorsque les Romains ont écrasé l'insurrection juive au 1er siècle, les derniers résistants zélés s'y sont barricadés pendant plusieurs mois et se sont inter-suicidés, le suicide étant interdit selon la tradition juive. Ce qui est extraordinaire à propos du site de Massada, c'est que les installations de siège des Romains s'y trouvent toujours, comprenant un mur d'enceinte et 8 camps en pierre. Le désert a tout conservé tel quel.











Je crois que Massada est une métaphore pour Israël. Car, ce pays est devenu une forteresse en lui-même (avec un problème d'eau): entouré du mur de 8m de haut en bêton (vu à travers la vitre de la voiture), parcouru de F16 une dizaine de fois par jour (il y en a deux dans une des photos), peuplé par des gens qui doivent faire 3 ans de service militaire, patrouillé par des militaires armés jusqu'aux dents dans tous les endroits publics, traversé par des dizaines de char d'attaque sur les autoroutes.

Pour un canadien qui n'a jamais eu à toucher une arme dans sa vie à l'exclusion des couteaux de cuisine et dont le territoire a été envahi pour la dernière fois il y a 200 ans (une guerre en 1753 et quelques attaques américaines en 1812), c'est carrément surréaliste.









Politiquement, les Israéliens que j'ai rencontrés ont, pour la plupart, évité les sujets qui fâchent. La seule invasion dont nous avons parlé était celle des cellules sur la matrice extracellulaire grâce aux filaments d'actine. Par contre, j'ai cru entendre une femme dire "qu'ils" voulaient encore réduire le territoire d'Israël… parlant de Gaza et de la Cisjordanie. Après que je lui aie demandé les solutions qu'elle envisage pour régler la situation, elle s'est barricadée dans le mutisme. Par contre, à Jérusalem, j'ai pu discuter avec des Arabo-Israeliens (passeports Israeliens et Jordaniens en plus d'une carte d'identité palestinienne). Je leur ai parlé de la solution des deux États et ils m'ont dit que c'était bien typique d'un étranger. En effet, ils disaient que les deux États sont tellement intriqués qu'il serait impossible de les séparer… ce qui, après avoir visité les lieux, me semble évident. Alors, je leur ai demandé ce qu'ils pensaient d'un seul État combinant musulmans et juifs et ils m'ont dit que ça ne leur poserait aucun problème d'être dirigé par un juif. Par contre, je crois que les Israéliens seraient contre l'idée puisqu'Israël est le foyer du peuple juif et qu'ils deviendraient vite minoritaires. Alors, j'ai demandé aux palestiniens, qui passent jusqu'à 30 minutes aux contrôles de "frontière" qu'elles étaient, selon eux, leurs solutions. Et là, surprise, rien. Ils n'ont aucun espoir. Ils ne voient aucune façon de régler la situation actuelle (Jérusalem, les colonies, l'eau). Bien au-delà de la perte de territoire, la perte de l'espoir me semble toujours plus dangereuse. D'ailleurs, les juifs de la diaspora n'ont-ils pas vécu de l'espoir de revoir Jérusalem pendant 2000 ans?









Ma solution: la fin de l'État-Nation, concept récent et déjà bancal qui relie des frontières avec la présence d'un "peuple" inventé par une histoire commune basée, en grande partie, sur les mythes. Des mythes comme la grandeur du roi David (roi local), la puissance de Saint-Louis (qui dirigeait la région de Paris) ou les coureurs des bois (un petit groupe d'aventuriers sur un territoire déjà habité par 100 millions de personnes). Mais bon, si je continue, je vais devoir me lancer sur une longue digression sur une Assemblée élue internationale qui rassemble tous les peuples et un retour aux petites régions, mais je préfère parler de Jérusalem.

Même pour un non-croyant, Jérusalem est un endroit puissant. C'est l'une des plus vieilles villes du monde et elle est chargée d'une histoire peu commune puisqu'elle est une ville sacrée pour les trois religions monothéistes conquérantes et qui ne tolèrent pas d'autres dieux, merci beaucoup Abraham pour les millénaires de guerres religieuses.









J'ai pu visiter le Saint-Sépulcre bâti sur le Golgotha où Jésus a été crucifié et sur ce qui serait sa tombe (peu probable historiquement). C'est particulier de voir que des lieux mythiques sont aussi sombres et… petits, le Golgotha étant à peine une butte. Et les gens qui s'y trouvent sont aussi très petits. La preuve, c'est qu'il y a 6 communautés chrétiennes (catholique, orthodoxe, arméniens, coptes…) qui occupent le Saint-Sépulcre et elles n'ont jamais réussi à s'entendre, alors elles ont donné les clés de l'Église à une famille musulmane.

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Les rues de Jérusalem sont étroites et peuplées de commerces qui semblent s'adresser autant aux touristes qu'aux populations locales divisées en 4 quartiers (juif, musulman, chrétien, arménien). J'y ai marché des heures, sous la pluie, les chaussettes trempées pour absorber l'atmosphère de la ville. L'émotion est indescriptible, surtout au niveau du mélange des pèlerins chrétiens, des juifs orthodoxes à chapeau de feutre noir (protégé de la pluie par du plastique… ce que je trouve d'une ultime ironie), des musulmans pieux et des habitants et commerçants ordinaires. La vieille ville de Jérusalem est toute petite, elle se traverse, à pied, en 20 minutes.

















J'ai marché jusqu'au haut du Mont des Oliviers qui donne une vue magnifique de la ville de Jérusalem et sa porte Dorée, toujours murée en attendant le Messie (!). Derrière cette porte, l'esplanade des Mosquées où se trouve un des plus beaux bâtiments que j'ai vu de ma vie: le dôme du Rocher. Malheureusement, je n'ai pas pu y entrer, n'étant pas musulman, mais l'extérieur est absolument magnifique sans être grandiloquent. Un bâtiment octogonal couvert d'une céramique bleue à motif et surmonté d'une coupole en or.









Ce bâtiment se trouve au dessus de l'endroit d'où aurait décollé Mohammad pour les cieux, ou pour sa soucoupe volante selon Raël. Le Dôme du Rocher et la Mosquée d'Omar ont été construits sur les ruines du second Temple détruit par les mêmes Romains de Massada.

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Malheureusement, certains planifient un troisième Temple… au même endroit. Simplement parce que le mur des Lamentations, qui forme une des parois de l'esplanade des Mosquées, était, à l'origine, le mur ouest du second Temple. Alors, vous imaginez l'inextricable merdoir. Le mur des Lamentations est l'endroit le plus sacré du Judaisme et ont y trouve des centaines de juifs orthodoxes qui y prient en se balançant d'avant en arrière. Ce n'est pas particulièrement impressionnant, sinon par la charge émotionnelle qui s'y trouve, les milliers de prières laissées entre les pierres et les contrôles de sécurité.

Après avoir travaillé sur les plans de notre futur labo et appris à "penser en dehors de la boîte", j'ai trouvé la solution de tous les problèmes de Jérusalem. Cela m'est venu lorsque je me trouvais sur la grande place, vide, devant le mur des Lamentations. Pourquoi ne pas transformer le mur Ouest du Temple par le mur Est. C'est à dire qu'on pourrait construire un autre Mont du Temple à côté de l'Esplanade des Mosquées au-dessus du quartier juif. Personnellement, je trouve l'idée tellement géniale que j'ai fait les plans et que j'attends l'accord des architectes pour la mise en chantier. Avec assez de bêton, on pourrait faire un truc pas mal.

Ce qui m'amène à la chanson. Je me trouvais à l'endroit où je construirais le second Mont du Temple lorsque la chanson blasphématoire "Allons tous à Jérusalem" de Marc Labrèche m'est revenue à la tête. J'ai décidé de chuchoter la chanson dans ma caméra et en faire une vidéo sympathique pour l'introduction de mon blogue. J'ai commencé à chanter à 14h14, il grêlait sur Jérusalem à 14h15. Comme tous les signes du ciel, vous pouvez l'interpréter comme vous voulez. Personnellement, je vois cela positivement, mon blasphème a terminé plusieurs mois de sécheresse dans la région video.



EN VRAC:











































lundi 17 août 2009

L'obésité et la Surcharge d'Énergie au Point de Zéro Volonté


Voilà près de deux décennies que je me bats contre l'obésité. Les victoires furent rares et les défaites aussi frustrantes que fréquentes. Au tout début, la nutritionniste m'a fait remplacer le lait 2% par du lait écrémé. J'ai continué à grossir. Puis, j'ai appris à faire la liste de tout ce que je mangeais. J'ai continué à grossir. Bref, je n'ai jamais arrêté de manger, au grand jour ou en cachette. Mon poids a littéralement explosé et mon estime de soi est descendue en flammes. Il m'est difficile de comprendre ce que j'essayais de combler, sinon mon estomac. J'ai tout fait pour me contrôler, je suis même devenu végétarien pendant 4 ans. Rien n'y fit, sinon que je me suis stabilisé à un poids que je n'oserais même pas mentionner. Puis, à Toronto, j'ai fait du vélo jusqu'au boulot, pour ensuite devenir très actif physiquement (10 heures de waterpolo, 30 km de course à pieds, 250 km de vélo par semaine en moyenne). J'ai perdu beaucoup, beaucoup de poids et j'en ai regagné une partie depuis puisque c'est carrément impossible de conserver un tel niveau d'activité tout en menant une vie normale.

Je crois avoir appris de ces épisodes, surtout sur la nature humaine. Je vous expose mes pensées, mon résumé de la situation et ma solution ultime pour ne jamais gagner de poids.

Les théories se sont multipliées depuis vingt ans. D'abord, les mesures ont changé. Précédemment, on ne prenait que le poids comme référence. Puis, on a corrigé par la hauteur en introduisant l'Indice de Masse Corporelle. Ensuite, on a prétendu que le tour de taille était un meilleur indicateur des risques cardiaques. Maintenant, les gens exposent leur taux de graisse comme si c'était le meilleur métrique jamais inventé. On m'a même dit que, finalement, le taux de mortalité des personnes en surpoids qui restent actives n'étaient pas plus élevé que les personnes sveltes. Bizarre, parce qu'il y a plein de maladies qui affectent surtout les surpesants: le cancer du côlon, le diabète, la goutte, et, surtout, le célibat.

Les pseudo-nutritionistes-de-revues-pour-femmes-complexées ont émis toutes les hypothèses sur l'alimentation. Il fallait s'alimenter en suivant son groupe sanguin, en éliminant les féculents, en mangeant à notre faim, en s'alimentant seulement de crème de poireaux pendant une semaine, en mangeant des bananes pendant trois jours, en buvant beaucoup d'eau, en ingurgitant de la crème budwig, en prenant des médicaments qui donnent la diarrhée après un repas gras et une tumeur au côlon après 10 ans (le cancer étant une excellente façon de perdre du poids), en mangeant 6 fois par jour, en mangeant trois fois par jour, en mangeant une fois par jour, en mangeant des aliments à faibles indices glycémique, en mangeant des légumineuses, en faisant la liste de nos repas, en mangeant des repas protéinés, en réduisant les gras, mais pas les poly insaturés, mais surtout les gras trans, en réduisant les glucides, mais pas tous, en mangeant comme les Français, comme les Italiens, comme les Crétois, mais surtout pas comme les Américains-zinzins.

La contribution de l'exercice a aussi été moultement discutée. Il fallait faire du vélo, nager, de l'aquagym, de la course, du yoga dans un sauna, des calisthéniques, des pushups sur des instruments de torture. Faire de la musculation augmentait, supposément, le métabolisme au repos et faisait maigrir. Il fallait s'entraîner en dessous de 80% du rythme cardiaque maximal. Ou au-dessus pendant pas très longtemps. Il fallait faire de longues durées ou de petits entraînements de courtes durées. J'ai même vu une étude qui démontrait que le VO2 max pouvait être autant augmenté en faisant 3 fois 90 secondes d'entraînements explosifs que 3 fois 90 minutes d'entraînements aérobics. Le machin dernier cri allait tout régler et nous rendre svelte et beau.

Malgré toute cette pseudo-science, toutes ces études qui se contredisent à qui mieux mieux, cette immense dominance des conseils santé sur les pages "science", ces compagnies qui sortent constamment de nouveau produits alimentaires ou gadgets pour perdre du poids, ces régimes successifs d'Oprah Winfrew, malgré tout cela, les taux d'obésité ont continué à monter inexorablement. Depuis vingt ans, depuis que j'ai commencé mon combat, les taux d'obésité ont DOUBLÉ. On a même dit que la jeune cohorte d'Américains serait la première à vivre moins longtemps que celle de leurs parents. Les médecins ont commencé à prescrire des chirurgies pour rétrécir l'estomac, en prétendant que c'est la seule solution qui marche vraiment. Je suis surpris qu'ils n'aient pas pensé à insérer un vers solitaire dans l'intestin des dirigeables adipeux.

Alors, je croyais qu'il était temps de faire un constat d'échec, un mea culpa international, en avouant que : "On ne comprend rien". De plus, j'allais presque accuser les compagnies d'équipements sportifs, de régimes-miracles et pilules amincissantes de collusion dans une conspiration qui vise à garder les gens dans un état de constante obésité insatisfaite.

Je pensais cela jusqu'à la semaine dernière, lorsque j'ai lu cet article du Time qui soulève la possibilité que plus d'exercice ne nous fasse pas nécessairement perdre plus de poids. Celui-ci citait l'article de la renommée PLOS où Dr Timothy Church examinait l'évolution de 4 groupes de femmes. Ils ont découvert que celles à qui on imposait de faire de l'exercice, compensaient en surmangeant et en bougeant moins au retour de la maison. L'article expliquait cet état de choses en mentionnant que nous avons une dose limitée de volonté quotidienne.

Une dose limitée de volonté?

Vraiment?

Malgré mon scepticisme envers cette étude, le concept de volonté limitée a commencé à trotter dans ma tête. S'y sont mélangées mes expériences personnelles et mes observations à Paris. Comme vous le savez, la France a un taux d'obésité de 9.4%, le Canada 14.3% (sauvé par le fumant Québec) et les États-Unis 30.6%. On a souvent discuté du "Paradoxe Français", puisque les Français mangent des repas très gras, prennent beaucoup d'alcool (calorique), ont inventé les repas cinq services, ont critiqué leur président parce qu'il avait commencé à courir, se complaisent dans l'absence presque totale de gym, mangent de la baguette qui donnerait des hallucinations à un diabétique (Index glycémique de 95) et sont les champions de l'OCDE du temps passé à table ET au lit. Pourtant, leur espérance de vie est au top 10, leur taux de maladies cardiaques est faible et vous leur passeriez sur le corps avant qu'ils ne travaillent le dimanche.


Il n'y a qu'en lointaine banlieue parisienne où j'ai trouvé des obèses, comme je le mentionnais dans un article précédent. Dans ce blogue, j'expliquais l'obésité par le désir de l'homme de faire comme un poisson rouge et de combler les espaces grandissants dans lesquels il vit, tels les Mc-Manoirs et les titanesques SUV. Je crois que mes fabulations contenaient un peu de vérité.

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Les conclusions de mes pensées récentes, c'est que Newton a déjà expliqué l'origine de l'obésité en s'exclamant, lorsqu'il croquait une pomme, assis sous un chêne (il avait appris de ses erreurs): "Un corps au repos tend à rester au repos et une bouche en mouvement tend à rester en mouvement". Bref, la loi de l'inertie fait en sorte que, si nous avons besoin de volonté pour réaliser quelque chose, nous aurons tendance à rapidement retomber au point d'équilibre, après quelques heures, jours, semaines ou mois de bonnes résolutions.

Loi 1: Si c'est chiant et que ça prend de la volonté, ça ne peut pas durer.

Exemple 1: Les centres sportifs ont une recrudescence d'inscriptions après le 1er Janvier. Ça ne dure pas. C'est normal, c'est vraiment chiant de courir sur une machine.

Exemple 2: Après quelques années, les gens suivant des régimes spécifiques (protéiniques par exemple) reprennent le poids perdu. C'est normal, c'est chiant de ne pas manger comme les autres.

Exemple 3: Les navetteurs s'évachent dans leur voiture. C'est normal, c'est plus facile d'amener les enfants à la CPE (crèche) et d'aller travailler dans le même véhicule.

Exemple 4: Un sac de chips est moins cher qu'une grappe de raisins.

Bref, dans tous ces cas, la Surcharge d'Énergie au Point de Zéro Volonté (SEPZV) est amplifiée parce que la consommation de nourriture est élevée et l'activité physique réduite. C'est normal, on a tout fait pour rendre notre société la plus efficace et la moins manuelle possible. Bien sûr, une SEPZV plus élevée implique une prise de poids à long terme.

Contre-exemple 1: Moi, depuis que je m'amuse à faire du sport, j'ai perdu beaucoup de poids.

Contre-exemple 2: Les Parisiens sont obligés de marcher des kilomètres dans les dédales du métro tous les jours. Je ne serais pas surpris si la distance de marche moyenne dépassait les 3 kilomètres (une heure de marche = 400 kcalories = 1/3 de repas Big Mac).

Contre-exemple 3: Les pays avec une grande tradition culinaire (Japon, France, Italie) sont plus maigres que ceux qui mangent traditionnellement des plats peu rehaussés (USA, Canada, Grande-Bretagne). Dans les premiers pays, on passe beaucoup plus de temps à table. Théoriquement, plus de temps pour s'empiffrer, mais dans la pratique plus de temps pour discuter et mastiquer.

Bref, le désir de pratiquer un sport, l'obligation du transport actif et une norme sociale qui induit l'appréciation de la bonne nourriture modifie la Surcharge d'Énergie au Point de Zero Volonté (SEPZV) et la personne normale se doit de dépenser plus et d'ingérer moins de calories. Sa SEPZV est plus faible.

J'en conclus que la seule option pour que les individus et les populations perdent du poids, est de modifier ce point d'équilibre, cette SEPZV. C'est-à-dire de faire en sorte qu'on n'ait besoin d'aucune volonté pour être actif et bien manger. Ça veut dire aller à l'encontre de l'évolution de nos sociétés modernes et de la pression que nous imposent l'industrie automobile (transport passif plus pratique) et agroalimentaire (calories vides, mais pas chères). Bien sûr, cette idée rejoint les recommandations de gens sérieux pour qui la meilleure manière de maigrir est de changer durablement son mode de vie. Mais, j'ose aller plus loin. Il faut que ce mode de vie nous plaise ou nous soit imposé afin de n'avoir pas à puiser dans nos "réserves de volonté".

Selon moi, les intervenants anti-obésité (nutritionnistes, médecins, psychologues, proctologues) devraient s'efforcer de modifier la SEPZV plutôt que de changer l'alimentation et l'exercice. J'ai même pensé faire des recommandations, ce qui est le comble de l'ironie, puisque c'est moi qui ai le problème de poids, pas la majorité d'entre vous. Pourtant, j'avais besoin de résumer les pensées sur ce sujet qui me pose problème.

1) Ne pas mentionner le gym

"Lorsque je verrai une personne qui court sur une machine sourire, je m'y mettrai aussi". Vous avez déjà rencontré quelqu'un qui aime s'entraîner sur un tapis roulant, une bicyclette stationnaire, un Stairmaster ou un truc elliptoidicalidoscope qui tourne dans tous les angles? Ils sont rares. Le taux de roulement dans ces gyms est probablement plus élevé que celui des employés de McDonald. À moins d'une volonté de fer, on n'y retourne pas et on se décourage après deux mois, reprenant les 3 kilos qu'on a perdus et en gagnant 3 autres au grand jeu du quitte ou double. En plus, on vient de gaspiller plein de points de volonté qu'on aurait pu mettre ailleurs. C'est complètement débilitant et la seule raison qui nous pousse à se trémousser sur des machines, c'est que les publicités disent que c'est bon pour nous. C'est certainement bon pour les propriétaires des gyms, puisque l'alternative qui est de courir, rouler ou pagayer à l'extérieur est totalement gratuite.

2) Adopter un sport que l'on aime passionnément

L'alternative au gym est de s'adonner à une activité que l'on apprécie. J'adore jouer au waterpolo et je n'ai besoin d'aucune volonté pour aller à un entraînement ou un match, même quand il pleut. Dans l'esprit SEPZV, cette activité ne débite pas mon compte de points de volonté. Pratiquer un sport a l'avantage d'être ludique, de ramener l'enfant qui sommeille en chacun de nous. C'est aussi une façon mesurable d'atteindre des objectifs que l'on s'est fixés (une composante essentielle du bonheur), telle cette voie 8a que l'on va peut-être réussir un jour ou le 10 km qu'on veut courir sous les 44'38". De plus, les activités physiques nous permettent de socialiser, ce qui est aussi une des clés du bonheur de l'être humain. Je ne parle pas seulement des jeux d'équipes, mais des clubs de course, de vélo, de natation, de tennis, de golf, d'escalade qui sont tous des sports aux objectifs individuels, mais qui se pratiquent tellement plus facilement en groupe. Ce n'est pas que les partenaires nous encouragent à retourner s'entraîner, c'est qu'ils nous donnent ENVIE de participer. Bref, pratiquer une activité physique que l'on a choisie par amour ne nécessite aucune volonté et augmente notre dépense quotidienne d'énergie.

3) Vivre à distance de vélo ou de marche de son boulot ou de la gare de correspondance

Vous le savez, l'urbanisme me tient à coeur. Entre autres parce que je crois que la conception moderne du milieu urbain est la cause première de l'obésité. Le fait de pouvoir couvrir tous ses besoins en conduisant et en marchant moins de 1.5 km par jour a augmenté considérablement la SEPZV. Alors, tant que les maires construiront des centres d'achats inaccessibles aux piétons, ils seront parmi les coupables de la progression de l'obésité. À part élire des gens qui encouragent la mixité des zones urbaines et la réduction de l'espace dédié aux voitures, les individus peuvent s'efforcer de diminuer leur dépendance à la voiture en (A) déménageant près des services qu'ils consomment, (B) en remplaçant la deuxième voiture par une location ou Communauté, (C) en pédalant jusqu'à leur travail ou la gare la plus proche. Même à Boucherville, ça commence à être possible de vivre à distance de marche d'un marché de produits frais. Qui l'eue crue.

En passant, je sais que c'est impossible pour beaucoup de Canadiens de faire du transport actif l'hiver. Je n'ai toujours pas de solution pour vous. Je reste donc pour l'instant à Paris où l'hiver a la virilité de la Cage aux Folles.

4) Établir une tradition alimentaire sociale

Oubliez le vin rouge. Avec le transport actif, c'est la tradition alimentaire sociale qui explique la maigreur et le faible taux de maladie cardiaque des Français. On nous dit souvent qu'il faut prendre son temps pour manger, pour bien mâcher et libérer des flots d'enzymes digestives et aussi pour se rappeler tout au long de l'après-midi qu'on a absorbé un excellent repas à midi. Rien de mieux, pour cela, que de prendre tous ses repas en commun. En France, manger à son bureau pour "gagner du temps" serait l'équivalent de travailler un dimanche ou prendre moins de 5 semaines de vacances... un sacrilège! Je crois aussi que la grande majorité des Français conserve la tradition du repas familial en soirée. Je crois que socialiser pendant le repas est fondamental pour conserver un poids équilibré. L'ingestion de nourriture est un peu comme l'alcoolisme que certains définissent comme "le désir de prendre de l'alcool seul, sans cérémonie". Pour avoir une relation saine avec la nourriture, il faut que l'expérience soit enrichissante socialement, évitant ainsi les accès de culpabilité alimentaire et le retour du pendule boulimique. Alors, pour réduire la SEPZV, je crois qu'il faut inviter ses collègues à luncher, ils le rendront bien un jour.

5) Apprendre la dégustation des plats et la cuisine

La raison pour laquelle il y a autant de sucre et de gras dans les aliments transformés, c'est qu'ils sont fondamentalement infects. L'industrie agroalimentaire sait que nous, humains, avons des réflexes reptiliens qui nous poussent à nous gaver d'aliments caloriques et que nous sommes prêts à abandonner un peu de qualité en échange d'un "fix" d'hydrates de carbone. Je connais cette impression, cette poussée de glycémie qui a la force de la nicotine. J'ai trop souvent été soumis à sa dictature. Alors, je pense que la meilleure façon de contrer l'industrie agroalimentaire et son inondation de sirop de maïs est d'apprendre à déguster, à apprécier les bons plats bien assaisonnés et agencés. Puisque chaque bouchée devient un délice, elle est mémorable et élimine l'impression de faim. Je ne parle pas de fréquenter seulement l'El Bulli, mais de rechercher les produits frais et d'apprendre à les cuisiner avec originalité. Lorsque les miettes deviennent chacune des expériences, on peut s'en contenter... et réduire la SEPZV.

6) Recevoir un panier de produits frais à la maison toutes les semaines.

Le concept du fermier qui vient livrer un panier de légumes et de fruits de saison toutes les semaines devient de plus en plus populaire, au Canada comme en France. Je crois que cette idée peut réduire la SEPZV avantageusement. D'abord parce que cela nous évite d'aller trop souvent à l'épicerie où les tentations caloriques et à forte valeur ajoutée sont présentées sur les étalages pour être irrésistibles, surtout pour les enfants. Cette idée nous permet aussi d'apprécier le goût plus authentique des aliments. En plus, c'est un nouveau pied de nez aux Monsanto, Kraft, Nestlé et Danone de ce monde qui ont la masse critique pour nous inonder de publicité et rendent impossible la vie des agriculteurs dans ce contexte économique oligopsone.

Voilà, donc, pour résumer, l'obésité restera un problème tant que la Surcharge d'Énergie au Point de Zéro Volonté sera supérieure à zéro. C'est-à-dire, tant qu'un effort sera nécessaire pour ne pas s'empiffrer de calories vides et pour faire du sport.

Bon, maintenant, je vous avoue quelque chose. J'ai écrit ce texte sur un sujet qui me passionne en partie pour me guérir d'un certain syndrome de la page blanche (très mauvais dans mon métier et pour mes projets futurs). Comme vous le voyez, ce fut relativement efficace, même si je ne sais pas vraiment pour qui j'ai écris tout cela.


N.B. Je conserve les droits sur le terme de la Surcharge d'Énergie au Point de Zéro Volonté. Ça ne vaut absolument rien puisqu'on peut pas vraiment faire de profit là-dessus. En tout cas, beaucoup moins qu'en vendant un StairMaster combiné à un distributeur de boissons protéinés (si ça n'existe pas, j'en réserve le brevet).

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